vendredi 22 février 2008

Voyage Voyage

Me voici donc de retour dans une situation que je connaissais bien l'an dernier: être réveillée et active à une heure jugée indécente par Aurélien, qui continue sa nuit. Vous allez me dire, il est pas 8h du mat, mais j'ai bien dormis, et me sens tellemenet bien que ce serait bête de ne pas en profiter.

J 'ai un peu de mal avec la technologie Dual Screen, et j ai donc ouvert la fenêtre dans l 'écran qui est loin du clavier, donc je tape soit à l'aveuglette soit lentement, dans tout les cas, c'est pas génial.

Retour donc sur ce voyage d'hier qui s'est plutôt très bien passé. La matinée a été chargée ( remise de Hamlet à Katrin à la bibliothèque - il lui rend visite pour le week-end- ) cours, déjeuner a la Kantin de Sciences Politique (première fois depuis aout) et heureuse surprise, c'est bon et pas rop cher, notamment une option salade vraiment abordable (ne croyez pas lecteur que je l'ai pris, mais ma lasagne mexicaine etait servie avec de la salade)! Puis c'est Petra qui vient me chercher en voiture direction la gare...

Je pars!

A la queue pour le billet, je maugréé. 30 numéros d'attente? Vais je seulement réussir à acheter un billet à temps? 12 minutes plus tard avec mon billet je m'émerveille du système Danois.

***reprise de ce post, une semaine plus tard***

Le train est génial, confortable, et j'arrive bien sûr pas vraiment à bosser. Sur la fin, je parle avec un voisin. On parle d'Europe (je lisais pour mon exposé en Changing the European Union, ça a lancé le sujet), il a voté non a pas mal de référendum danois... 20 minutes plus tard, après avoir sorti mon petit livre magique (la déclaration européenne des droits de l'homme, en danois dans le texte, que je porte toujours sur moi depuis que Camille me l'a ramené de Bruxelles) l'homme est conquis, lorsqu'il voit que le premier droit de l'homme c'est le droit à la dignité, droit qu'il trouve bien absent de cette bureaucratie danoise sur laquelle, nous les étrangers, partageons des avis bien différents.

Une suissesse de mes amies la trouve étouffante, Laurentiu le roumain lui, trouve qu'on le fait moins courir et le tout avec une grande efficacité et proximité. Moi, je ne sais pas vraiment, le modèle danois m'intéresse mais leur arrogance (fierté peut être justifiée) me hérisse...

Me voici à l'aéroport, ou, le temps d'une pâtisserie au deuxième Starbucks du Danemark (celui à l'intérieur de la zone d'embarquement de l'aéroport, par opposition au premier, celui du hall, qui est bien plus sympathique d'ailleurs) et d'un smoothie danois (la mode est mondiale sûrement, impression qui sera confirmée par le stand smoothie tout neuf à Evry 2 que je verrais ce week-end) me voici à attendre mon avion.

J'aime regarder la foule des passagers du copenhague-paris. Un homme parait important, avec son oreillette blue-tooth (sait il seulement que le nom de ce gadget électronique vient du roi danois Harald à la dent Bleue? (il mangeait trop de baies)) et son vieux cartable en cuir élimé. Je décide de me dire que c'est un parlementaire venu étudier le système de fléxicurité danois. Un archétype d'un jeune d'une droite passéiste, avec grosse lunettes, raie sur le coté, imper et complet en dessous et moi nous toisons. Je ne ressemble à rien, (malade, j'ai décidé de voyager en T-shirt "Wonder Breizh" offert par Gilles, joli T-shirt, mais pas vraiment classe diront nous) et me sens pousser des ailes. Je toise tout le monde d'un air narquois de derrière mon canard enchainé, le seul qui restait. En face, une marée de Figaro.... Une vraie tête à claque, pardonnez moi...

L'avion est incroyable. Les lumières disco de Roissy quand on atterris de nuit (du violet, de l'orange!), la musique choisie (du Love, ou de la très jolie musique des années 60 reconverti en easy listening pour voyageur huppé, très bizarre) le ton très décalé des annonces (on a l'impression que l'équipage est constamment tordu de rire) et la nourriture, qui me fait réaliser deux choses : Air France, c'est quand même intéressant de le prendre au temps des repas, et le taboulé industriel haut de gamme ça me manquait beaucoup,beaucoup. Maman, ton taboulé est trop bon, ce n'est pas sérieux.

Atterrissage donc. Nous voici ayant des problèmes à nous garer et donc vloum dans un bus Air France. Fabriqué en Allemagne, et sous-traité, c'est étonnant les détails que l'on peut remarquer des fois tout de même. Les danois font vraiment tache, en sport wear (certains sont en shorts!) et autre tête de franc boy-scout. Ce que je ne savais pas, c'est que, si les français du vol s'étaient habillé pour le climat danois, les danois eux savaient à quel temps s'attendre à Paris. Et pendant que moi je crèverais de chaud et maugréerais contre le soleil, msieurs dames les Danois eux auront tout prévu...

Au final, pendant que j'échange des regards amoureux avec Aurélien qui m'attend de l'autre côté de la vitre, pendant que moi j'attends mes bagages, je me dis que je commence vraiment à trop bien connaître et la porte A de l'aéroport de Copenhague (en fait, tout l'aéroport) et le terminal 2D de Roissy. Et aussi, quand il sera temps de changer aux Halles, que je connais bien les RER parisiens, surtout ce RER D qui laisse vraiment à désirer....

la suite, dans le prochain message....

jeudi 21 février 2008

ça faisait longtemps...


carte jaune magique de santé danoise
(fait aussi carte de photocopie, de bibliothèque)

Ce blog se morfond. Il est moribond, "subclaquant"! Pourquoi donc, vous demandez vous judicieusement, lecteurs/trices fidèles? Une réponse facile et presque vraie serait que pendant une bonne partie de ma non activité moi aussi j'étais moribonde, subclaquante et me morfondant. Mon taquin rein droit s'est joliment infecté et m'a mis dans un état assez pitoyable les derniers jours. Aujourd'hui, je ne passe pas la journée au lit, d'ailleurs je suis debout et active depuis 7h du mat (ça méritera une sieste tout ça) mais c'est bien la première fois depuis vendredi dernier. Ce jour fatidique, juste arrivée à l'université, je suis prise d'une grosse douleur dans le flanc droit, et après avoir expédié le meeting que je devais tenir, commence mon calvaire. Le système danois de santé est très bon, mais là en l'occurrence je ne pouvais avoir de rendez-vous au médecin avant lundi, et donc décida de rentrer me reposer tranquillement, Aurélien prenant soin de moi....

Aurélien, lui était arrivé lundi dernier dans la soirée. Avant que je ne tombe malade (oui, ce post saute dans tout les sens et tout les temps) j'ai pu voir Aurélien sérieusement souffrir du froid danois auquel je me suis habituée. Alors je l'emmenais de pizza place en café, de magasin de comics en abris bus mal isolé... et nous avons passé un 14 février des plus romantiques, avec journée à rien faire, cookies à l'avoine, ballade au bord des étangs en bas de chez moi sur fond de coucher de soleil et de résumé des Rambos et des Rockys, suivi d'un joli diner à la Brasserie St Clemens, place de la cathédrale, dont les parents se souviendront m'y avoir emmené en juillet. Je portais ma nouvelle robe Noa Noa d'un joli vert-roux hihi.




Vendredi donc, ma maladie commence, on croit que ça se calme, vu l'emplacement on craint l'appendicite. Au milieu de la nuit, je vais mal, on appelle les services de santé danois d'urgence, on est redirigé sur un médecin de garde qui me dit que c'est une infection, de quoi, elle sait pas, mais qu'il faut que je boive comme un trou ... Le reste est moins épique, dimanche matin, lundi matin, mardi matin, je me réveille avec plus de 39 de fièvre et me drogue au paracétamol à une vitesse qui fait peur à la pauvre Marisa (qui les prends par 500 et pas par 1000). La doctoresse danoise visitée le lundi avec l'aide précieuse de Petra et Katrin venue me chercher à ma porte et m'accompagnant partout, m'indique que j'ai une belle infection rénale et me prescrit mes premiers antibiotiques depuis, ouhla.

Aurélien lui, a du partir le dimanche, n'aimant pas vraiment me laisser dans l'état légumineux (imaginez un concombre bien juteux, coupé, sous un soleil de plomb...).

Les antibiotiques et moi on se découvre. Ces gros ces trucs. Au début j'arrive pas à manger, j'ai du perdre une joue ou deux au passage d'ailleurs, puis du yaourt et enfin des pâtes trop cuites avec du pesto rosso. J'en suis pour l'instant à ce stade là...

Aujourd'hui, comment vais-je? Bonne question...Mieux, bien bien mieux. Mieux qu'hier, j'espère moins bien que demain... je sens plus mon rein, je ressemble de plus en plus à moi même (une bonne douche aidera)... alors, demain, la France? Pas encore décidé, mais... pourquoi pas...


coucher de soleil le 10 février...

vendredi 8 février 2008

Cf. et autres grandes réalisations

Mesdames, messieurs, ceci est mon quatre-vingtième message. C'est donc fort émue que je couche ces quelques lignes, tapotant sur mon clavier joliment arqué. Cela fait une semaine que je n'ai pas écrit mes aventures au pays des Vikings, shame on me.

Cette semaine a pourtant été très chargée... Tout d'abord, un week-end dernier sans Marisa, avec un diner chez Carla le samedi, beaucoup de bonne nourriture, et une mousse au chocolat faite en 15 minute avant de prendre le bus (je me suis rendue compte un peu tard qu'il fallait que j'apporte le dessert). Mais voilà, ce samedi était magique car il neigeait. Pas assez pour faire un bonhomme de neige, mais assez pour que Mathilde et moi, en descendant de chez Carla vers le centre ville pour prendre un bus, nous nous amusâmes, bretonnes en manque de neige que nous sommes, avec quelques boules de neiges bien innocente. La soirée se continua alors au bar de ma résidence pour une soirée carnaval, ou seul les danois étaient déguisés....

Le lendemain nous tînmes un autre Sunday Dinner, avec Jürgen, ami allemand. Il avait essayé de venir la semaine précédente mais n'avait pas pu entrer car, je n'ai pas de sonnerie et il n'avait pas de portable pour me prévenir qu'il était là... bien bête. Encore une mousse au chocolat, mais faîte par lui, et je dois avouer, toute puriste que je suis, qu'elle était très bonne (il y a de la crème dedans miam miam).

Dès lundi, les choses sérieuses ont commencé : le boulot. La semaine a été très chargée, entre un cours de Scandinavian Democracy ou l'on nous annonce tout de go que oui, il faut acheter 4 livres, et que d'ailleurs il faut lire 8 chapitres de l'un, un chapitre de l'autre, et deux articles supplémentaire pour la semaine suivante (soit près de 300 pages si on trie pas...). Marisa elle est malade depuis dimanche, et reste au lit.

Mon humble personne, garde malade émérite, en profite pour attraper une version légère de son affliction (fièvre, perte de voix, toue), que je mélange avec un peu de mal de ventre et de tête, qui me font rester mardi soir et mercredi jeudi au lit, ou presque.

Car....jeudi.... Jeudi je vais enfin chercher le paquet de maman qui est arrivé. Les 9 kg fièrement portés a bout de bras, (With A Little Help From My Friends auraient chantés les Beatles) j'ouvre la bête sur le lit : montagnes de pâtes exotiques, piles de chocolat, biscuits, madeleines, bouillons, soupes, trucs pour flans, mangues séchées, pâtés, foie gras, 2 kouigs, un financier, 2 pains d'épices... En l'honneur du paquet j'ai acheté des baguettes... que je vais manger, estomac douloureux oblige, avec seulement du beurre salé parce que le pâté ce serait pousse au crime...

Vendredi matin, je suis courageuse. Je vais en cours, mon cours de Changing the EU and Its Member States. C'est bien, sympa, et on a que 2 articles a lire par semaine. Ouf! Après j'enchaîne sur un brunch offert pour l'intégration des nouveaux Erasmus en science politique, puis, encore avec Mathilde, nous filons dans le centre ville s'occuper de nos procurations pour les municipales.

Michel, je t'annonce officiellement que tu votes pour moi les 9 et 16 mars!

sur ce, je m'en vais tousser ailleurs...

PS : finissant ce message je me rend compte que je n'ai pas du tout écrit ce que je voulais écrire dedans. Pourquoi Cf.? Parce qu'en lisant sur les théories néo-marxistes (Offe notamment) des crises de la démocratie j'ai vu ce cf. ce qui m'a fait énormément plaisir, car j'ai eu ainsi la vérification que oui, je pouvais utilisé ceci en anglais.... Et les autres réalisations attendrons un autre post, après tout elles ne sont pas si grandes que ça, mais mérite peut être mieux qu'un post scriptum, qui sait?

vendredi 1 février 2008

Quelques nouvelles du Danemark

De mon bureau, derrière les vitres couvertes de goutes d'eau, j'aperçois du bleu dans le ciel. Le temps entre donc dans 5 minute de clémence...profitons en! Le temps ici, est un sujet majeur de conversation. Les bourrasques, les tempêtes, la grêle, la neige qui tombe quand je ne peux la voir, la pluie, battante, le vent qui vous gèle jusqu'à la moëlle, s'invite tout le temps dans nos conversations. Manie danoise que je ne m'expliquais pas, mais qui, depuis mercredi dernier m'apparait maintenant comme très très simple. On touche là aux croyances ancestrales du peuple danois... En effet, ici, on ne dit pas "quand on parle du loup on en voit la queue", mais le très mignon "Når man taler om solen, skinner den" à savoir, quand on parle du soleil, il brille (Ce qui, au vu de mon vécu breton, me semble vraiment bizarre....autres gens autres moeurs). Tout le monde donc en parle, mais il ne pointe pas encore ses jolis rayons.

Cette semaine, je n'ai pas beaucoup abreuvé internet de ma prose, pour la très simple raison que je travaillais. Je tiens ici donc a expliquer pourquoi certains de mes lecteurs sont persuadés que je ne fais rien : quand j'ai beaucoup de travail, je ne poste pas de message, et je ne vous relate que rarement mes exploits estudiantins.

Alors, en ce moment je n'ai pas encore tout mes cours, la moitié en fait. L'autre moitié commence lundi... Cette semaine beaucoup de mes plans ont été chamboulés. Mes cours, ayant beaucoup plus, ont eu trop d'étudiants. Le bord of studies a alors décidé de séparé le groupe en deux, et de créer deux nouveaux crénaux horaires. Bien sur, ça a été fait n'importe comment. Donc les étudiants étrangers sont maintenus séparés des danois (très futé ça) et on les déplace des créneaux mardi-jeudi aux créneaux lundi-vendredi.

J'ai donc officiellement cours le lundi, mercredi et vendredi au lieu de mardi mercredi jeudi. Génial non? Heureusement que le cours du mercredi ne dure que la moitié du semestre... bref, on fera ce qu'on peut.

Ce cours du mercredi d'ailleurs occupe beaucoup de mon temps en ce moment. Cours donné au département Histoire des Sciences de l'université, il s'intitule "histoire et culture de la science populaire" : a nous l'étude des ouvrages de sciences "basses", des conflits sur la professionalisation des sciences, de la popularisation et de ces problèmes, le tout avec deux professeurs faisant de la recherche dans ce domaine (l'un a fait 6 mois chez Latour aux Mines). Très intéressant... Je suis en ce moment plongée dans des articles sur les Bridgewater Treatises, ouvrages de science et de théologie naturelle datant de 1830-36... avant, je l'espère de pouvoir mettre la main sur un des originaux en possession de la Statsbibliotek!

Ne vivant pas en ermite non plus, j'ai à mon actif cette semaine :
- un endormissement sur bière au pub mardi soir (je suis donc rentrée tôt)
- deux cours de langues hauts en couleurs
- un déjeuner de french toasts canadiens chez Janet mardi midi
- des adieux à Mona, que je n'avais que peu vu depuis aout, mais que j'apprécie quand meme beaucoup...
- l'achat d'un camembert normand.
- beaucoup de Knäckebrod de Noël...








Night life et Food life

samedi 26 janvier 2008

Le Danemark vu par Le Monde

Ou un petit aperçu de la vision que donne du Danemark le grand quotidien français...

Le Danemark lato sensu c'est à dire, avec les Îles Feroe et le Groenland s'invite parfois sur lemonde.fr pour le plus grand bonheur de mon humble personne. Côté Feroe, j'ai ainsi appris la semaine dernière que ce petit pays de 45 000 habitants manquait de 2000 femmes, et ce malgré le fait qu'il ait la plus forte natalité européenne. Le pays, très conservateur et catholique, n'offre pas beaucoup d'opportunités de carrière aux demoiselles, qui s'exilent au Danemark pour étudier et y font souvent leurs vies. De même, la bigoterie ambiante invite à l'exil les mères célibataires. Une interviewée se plaignait qu'au lieu d'investir dans l'éducation supérieure, le gouvernement Feroe (qui est autonome, mais pas indépendant du Danemark) construit des tunnels et des ponts entre les îles, alors que les ferry (très scandinave ça les ferry) ça marchait très bien.

Le Groenland, lui s'invite quand on parle réchauffement climatique. En effet, le pays est au premier rang pour admirer les changements de mère nature. Des fois on en parle car Borloo va y faire un tour très critiqué, des fois parce que les pêcheurs locaux y voient pas nécessairement une mauvaise chose.

Mais quand on parle du Danemark, on parle de Rasmussens. Premier Rasmussen, le cycliste. Deuxième Rasmussen, le premier ministre. Hier encore voilà qu'un article parle du tour de passe passe politique de Naser Khader, qui a réussi a sauver Fogh Rasmussen d'un vote de confiance mal embouché, et extorquant de lui l'obligation de prendre en considération les vues du parti centriste et pro-immigré Ny Alliance dans la loi en préparation sur les demandeurs d'asiles déboutés (ce qui ne ravie pas du tout Pia du Dansk Folk Parti, toujours aussi xénophobe, et qui avait jusqu'alors le monopole du conseil au gouvernement en matière d'immigration). Deuxième Rasmussen et demi, Poul Nyrup Rasmussen, l'ancien premier ministre, actuellement président du parti socialiste européen au Parlement de Strasbourg. Troisième Rasmussen, Joergen Buhl Rasmussen, directeur de Carlsberg, dont j'apprend aujourd'hui qu'avec son copain Heineken ils rachetent la brasserie britannique Scottish & Newcastle. La Newcastle devient propriété d'Heineken, et la Kro devient propriété de Carlsberg....Pendant ce temps, la brasserie Ceres à Aarhus, propriété de l'ennemi juré de Carlsberg, Unibrew, et amie pendant longtemps d'Heineken, serait entrain de fermer.....!!!

Que d'actualité n'est ce pas?

mardi 22 janvier 2008

Viviane poursuit la lune et redécouvre la campagne danoise


8h30, Lune vue de ma fenêtre et branle-bas de combat!

Le week-end dernier, devant la miriade de photos que prenait Marisa lors d'un splendide coucher de soleil, je lui rétorquais, mi-figue mi-raisin que j'étais plus une "sunrise" que "sunset" personne (et puis j'avais plus de batterie donc je pouvais pas faire grand chose). Mais il est vrai que ce matin, c'est encore une fois le lever de soleil qui m'a fait m'habiller à toute vitesse, me couvrir assez chaudement et sortir dans le froid....le lever de soleil, ou le coucher de lune, tant la star de ce matin n'était pas un quelconque Phoebus mais bien la lune, à la poursuite de laquelle je m'élance. Elle disparaît derrière un bâtiment, je le contourne! Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle disparaîsse derrière l'horizon, que je décide de ne pas contourner. Et me voilà en bas de ma résidence, dans cet endroit entre chemin de terre et forêt. Il est 8h45, il fait beau, le ciel est rose, et des oiseaux remplissent mes sens. Ce sont les oies sauvages qui volent au dessus de moi. Les corbeaux qui croassent d'une manière très décidée. Les petits oiseaux non identifiés qui cherchent à manger cachés dans les fourrées. Les oiseaux, mais pas seulement. Ce sont des fruits de rosiers qui se dressent impassibles devant un ciel qui perd son rose, une tétine* qui pend d'un arbre, des chaussures aussi. Et tout d'un coup, dans les fourrées, un boucan se laisse entendre. Quoi? Hein? M'écris-je silencieusement. Qu'est-ce? Deux daims surgissent devant moi, et poursuivent vite leur chemin me laissant éberlués et avec une photo bien floue sur mon Ricoh.

Alors je vais le refaire, me lever et aller marcher quand le jour est encore jeune, et que les animaux, surpris par les rayons d'un soleil pâle se mettent en mouvement. Les oies, les canards qui pataugent sur un bras de rivière à moitié gelé, tout ça a portée de mains. Et on se dit que, de l'avenue du Maine on n'aurait jamais vu ça...







*La tétine pendu d'un arbre est, semble t'il, un rite de comming of age danois, aller comprendre.

lundi 21 janvier 2008

Suède, le retour... ou Viviane part avec des amies affronter la Suède occidentale

Roulement de tambour!


Mon allemande Nora, qui n'était en Erasmus que pour un semestre, est venu en janvier nous rendre visite. Sa grande envie de découvrir la Suède nous a motivés pour chercher et ferry et auberge de jeunesse et non pas cette fois ci s'envoler vers la Suède, mais bien s'embarquer, destination Göteborg. Il est 11H50, nous sommes le Jeudi 17 janvier 2008, et une opel remplie à rebord de 3 allemandes (Nora, Petra, Katrin), une autrichienne (Marisa), un française (votre humble servante) et Hamlet embarque à bord du Stena Jutlandica, au départ de Fredrikshavn...


Marisa, l'Opel et Petra

Le voyage a été préparé le mardi, décidé complètement le lundi. La Suède, que j'avais découverte en novembre, déjà avec Marisa et Katrin, m'appelle de nouveau...Cette fois-ci, la côte ouest, et c'est au Nord de Göteborg, et à l'Est sur les rives sud du lac Vänern, plus grand lac de Suède, que nous allons (après un voyage planifié avec un guide vert de la Scandinavie...).

Nous partons donc le jeudi matin, rendez-vous à 7H30 devant ma résidence. Petra, dont la voiture a des pneus d'hiver, va nous conduire. Elle arrive en retard, ce qui bien sûr me fait stresser, nous passons à l'Université récupérée Katrin qui habite une des résidences du Campus, et nous voilà sur la route de Fredrikshavn (au Nord, près d'Aalborg), entassée dans la petite voiture de Petra...Dans nos oreilles, des Schlager allemands (musique populaire, avec des paroles naïves, très appréciée de Petra...imaginez du Joe Dassin-Mireille Matthieu, en allemand, avec de l'humour en plus), et la radio danoise : très pauvre en musique correcte, elle est, comme nous le découvrirons à nos dépends, pourtant bien supérieure à la radio suédoise...

Arrivée à Fredrikshavn, nous nous dégourdissons les pâtes en bavant devant une poissonnerie, une fromagerie, et puis finalement, en courrant acheter des cookies et autre biscuits en pagaille...la traversée s'annonce riche en calories. Puis, c'est la queue pour le Ferry, et, nous voilà en route pour la Suède! Il fait super beau, et encore très jour (il n'est pas encore midi en même temps...) si bien que nous faisons plusieurs expéditions "allons sur le pont se geler et prendre des photos". L'arrivée sera sur un ciel plus gris mais tout autant frigorifique, et je prendrais encore beaucoup, beaucoup de photos (vive le numérique... près de 400 photos entre Jeudi et Samedi).



La traversée, Katrin et moi

Et c'est la Suède. Les premières îles que l'on voit (de très nombreuses îles se trouvent devant Göteborg, mais nous n'avons pas vraiment eu le temps de nous balader en bateau là bas), puis la ville, et l'entrée dans le port ou nous remontons l'embouchure d'un fleuve dont je ne sais le nom. Nous débarquons, et on se dirige vers l'auberge que nous avions repérée. Il est 15H30.... et la réception ouvre à 17H. Qu'a cela ne tienne, nous redescendons les bagages (l'auberge étant sur les hauteurs, ascenseur à l'appui), payons le parking, et nous nous envolons (licence poétique, comprendre, nous marchons longuement sur des méchants escaliers qui nous essoufflent) vers une puis deux jolies églises. De là haut, la vue sur Göteborg, ciel gris en prime. La météo ne sera de toute façon, assez bizarre pendant ce séjour...



mes germanophones sur fond de Göteborg

L'auberge ou nous avons élu séjour est très "cosy" pour une auberge de jeunesse, possibilité de parking sûr (et payant, 4€/jour), chambres de 5 (et non pas dortoir de 20 comme j'ai pu le voir à Barcelone ou Edinburgh), cuisine très spacieuse, et très fournie... Nous nous précipitons donc vers le super marché le plus proche et le dévalisons allégrement (notamment pour ma part en achetant du Thé Or Lipton, en souvenir de Maud et de nos révisions au Thé Or): nos bourses n'étant pas vides mais pas trop pleines, et ne trouvant pas vraiment restaurants à nos goûts, nous ferrons majoritairement la cuisine, préparant des sandwichs pour le midi.


la cuisine de l'auberge


Le Jeudi soir, fatiguées, nous allons quand même, sauf Marisa dont la cheville est mal en point depuis une chute début janvier, déambuler dans un Göteborg qui se vide au fil de nos pas dans la direction du centre. On ne se perd pas vraiment, mais on ne prend pas le chemin le plus rapide non plus héhé... La ville est sympathique, beaucoup moins grandiose que Stockholm, mais plus humaine aussi, un endroit ou il semble faire bon vivre.

Le vendredi, direction l'île de Tjörn, au Nord de Göteborg, dans le Bohuslän. L'île qui est reliée au continent par un magnifique pont suspendu est une île de pêcheurs, et d'artistes. Elle recèle de superbes petits paysages, que nous avons un peu vu, et quelques musées, que nous n'avons pas du tout vu. Le temps n'est pas top, mais le brouillard c'est joli, la bruine romantique, et tout ça rend peut être pas bien en couleurs, mais le Noir et Blanc et le Sépia dont est capable mon appareil photo rendent décidemment très bien.



Tjörn

Nous rentrons à Göteborg sur le coup de 4h, et c'est après un long thé-café-lecture (je dévore pendant tout le voyage l'excellent La Reine du Sud d'Arturo Pérez Reverte) que nous partons en ville, avec pour Petra et moi un long stop à un marchand de disques, CDs et vinyls. Nous rejoignons les autres par la suite (après une étape librairie notamment) au Bryggeriet (brasserie en danois et suédois dans le texte) qui se trouve, sur une jolie artère, en face de la Brasserie Lipp. Oui oui. Tout cela me surprend, surtout que l'établissement ne ressemble en rien à son illustre confrère germanopratin.

Göteborg by Night

Le samedi, nous devons quitter notre chambre avant dix heures (notre Ferry étant à 23H55 le soir nous ne gardons pas la chambre) et c'est sans Katrin qui est malade et veux rester à flaner en ville que nous prenons la route pour le Vänern. La veille, ma carte du Bohuslän m'aidait, mais là, avec que de vagues indications du guide vert, sans aucunes cartes, je faisais un guide assez original, mais confiant. Nous y sommes arrivées après tout. Direction, Lidsköping sur la rive sud-est du géant bleu, à son est le mont Kinekulle (qui culmine à 300m tout de même) et à l'ouest le chateau de Läckö, nos deux destinations de la journée. Ce jour-ci, il fait beau, mais j'étonne quand même toute la voiture quand je dis que la Suède me fait penser à l'Espagne. Je m'explique. Les grandes autoroutes creusées dans le roc, avec de parts et d'autres des traces de barre à mine et des tunnels, oui, ça me rappelle l'Espagne. Les forêts de bouleaux et de pins, bien moins. Et les maisons, encore moins, bien qu'elles arborent majoritairement un bois peint en rouge que je n'hésiterais pas à qualifier de basque.... Le mont nous échape (il est pas très haut hein) et lorsqu'on arrive sur un point d'information, on apprend qu'il y a un bateau viking reconstitué exposé sur le chemin (on trouvera le lac mais pas le bateau).

Lac Vänern


En haut du mont, une tour d'observation à laquelle nous voulons monter, le panorama étant splendide. Entre nous et le haut, des pins couchés sur la voie.


Marisa et l'obstacle

Tout cela fait quand même très Western. Je m'attends à voir les Daltons surgir de part et d'autres et dévaliser notre Opel Diligence. Mais non, mais non. Regardons si on peut passer à pied, nous voyons arriver un 4*4 et un tractopelle suédois. Les Super-Bûcherons sont arrivés, et en 10 minutes les 3 arbres sont tronçonnés et poussés dans les bas côtés. La voie est libre, et si les arbres tanguent, et si ils tombent, c'est normal ici nous dit on, et puis il faut avouer que cela souffle vraiment beaucoup. En haut du mont, de la neige nous attend. Il y fait très bon et elle est vieille, mais ça fait plaisir d'en voir tout de même. Nous nous balladons vers la tour, qui sera évidemment fermée (comme les 2 châtieaux que nous voulions voir... janvier n'est pas un mois très touristique en Suède), mais la vue est de fait très belle.

Kinekulle

Puis, c'est la route vers le château, jolie batisse située en bord du lac, dont on a une très jolie vue.

Hop hop, le temps passe! Nous rentrons à Göteborg, une halte pâtisseries suédoises pour moi, gâteau et café pour Petra et nous voilà attablé dans un pub végétarien (voir végétalien si l'on en croit leur carte de nourriture, avec un seul plat avec viande, pizza exceptées). J'essaie de militer pour une pizza Vegan mais on ne me suit pas. Ce sera Capriciosa et Nachos au Guacamole...

Et nous revoilà sur le Ferry. Il est minuit, nous partons de Suède. Je me sentirais mal pendant le voyage, pour cause de tempête et de trop de pâtes pesto rouge-oignon rouge cru, et le voyage de retour jusqu'à Aarhus ne sera pas très confortable. Il est dimanche 20 janvier 2008, 5h45 du matin, et je m'endors...